COMMENT VALORISER SON IMAGE POUR SE FAIRE CONNAITRE ET RECONNAITRE

Vendredi 21 Septembre 2007

De l’importance de l’image pour se connaître, se faire connaître et reconnaître.


Nous vivons au siècle de l’image. Autrefois on confiait son image aux peintres. La différence entre un portrait peint et une photographie tient essentiellement à ceci : une peinture est vue, comprise comme une re-présentation, une interprétation, et non pas comme la réalité, une photographie est au contraire vue, comprise comme une présentation, un miroir de la réalité même ce qui est faux puisqu’il s’agit de l’image virtuelle d’un instant, d’un moment, d’un état d’être, de sentiment, d’un état d’âme. Or c’est précisément ce qui rend le portrait photographique difficile pour la personne photographiée puisque qu’elle sait que cette image n’est qu’un fragment, un morceau du puzzle, à un instant ‘donné’ et pris, et qu’il ne peut représenter la totale vérité de son « Moi ».

Vous savez qu’aujourd’hui une bonne image vaut mille mots et qu’à l’inverse une mauvaise image peut valoir mille maux. Il suffit de voir comment les « pipole », célébrités du showbiz, de la politique et des medias surveillent la ‘qualité’ de leurs images. Bien sûr l’image photographique que l’on donne de soi même n’est pas tout et heureusement, car bien évidemment une image peut-être trompeuse dans un sens comme dans l’autre. Je veux dire qu’une photo trop bien « fabriquée » peut se retourner contre soi, à terme, si l’on assume pas ce que l’on prétend être en image. D’ou la difficulté de donner une bonne image de soi même qui soit à la fois valorisante, juste et représentative de ce que l’on est.
Or beaucoup d’entre nous ont peur de leur image photographique et je dirai à juste titre. Être photographié c’est se montrer, se donner en spectacle, s’exposer aux jugement des autres et bien évidemment à leurs commentaires et critiques plus ou moins bienveillants ; c’est se mettre à nu non seulement devant l’autre mais plus encore devant soi en se confrontant à une nouvelle image inconnue et forcément différente de l’image projective que l’on se crée de soi même. « La nuque est un mystère pour l’oeil » P. Valery. C’est d’autant plus difficile et parfois même angoissant puisque qu’une photographie vous re-présente virtuellement en deux dimensions sans la parole, sans votre présence physique, sans que vous soyez LÀ vraiment. Un portrait c’est un résumé, un concentré de soi et puisqu’une image vaut mille mots c’est a la fois un titre, un sous titre et un long discours tout en un. C’est l’apparence du Tout d’un être humain, mais lyophilisé en poudre de pigments sur un papier ou en pixel sur un écran !
Alors Comment se faire bien voir ? Comment se donner à voir au mieux de soi même,? Comment avoir confiance en son image ? Comment se voir étant vu : est-ce moi ? c’est tout moi ! cela me ressemble, ne me ressemble pas, pas du tout, mais ce n’est pas moi…

J’ai 35 ans de métier. J’ai photographié des centaines de personnes, des amis, des mannequins, des acteurs, des chanteurs des gens connus et beaucoup d’autres pas : je n’ai jamais rencontré une personne qui n’ai pas devant l’appareil tant soi peu d’appréhension, cette petite angoisse du ‘suis-je bien’. Seuls les très jeunes enfants n’ont aucune appréhension car ils n’ont pas encore acquis la conscience de la représentation.

J’ai, avant d’être photographe, été modèle et mannequin et j’ai travaillé avec de nombreux photographes célèbres, avec de bons et de mauvais photographes ; je connais les deux cotés de la barrière, les appréhensions de l’un comme de l’autre.
Le secret d’un portrait réussi c’est la confiance que l’on a en soi même et la confiance que l’on donne, prête, au photographe. Facile a dire, pas si facile à vivre pendant une séance.
J’ai rencontre des gens qui avaient en apparence parfaitement confiance en eux et qui devant l’appareil perdaient toute assurance ! Ceux la sont les plus difficiles à photographier.
Par contre d’autres personnes totalement paniquées à l’idée de leur portrait mais obligées pour leur métier, la recherche d’emploi de se faire photographier ont réalisé qu’elles n’étaient pas « si mal que ça » et même « plutôt bien ». Elles sont reparties en ayant gagné plus de confiance en elles même. En Afrique, il y a encore peu de temps et sans doute encore maintenant, beaucoup fuyaient la photographie parce qu’ils pensaient que le photographe volait leur âme, leur esprit…cela peut faire sourire mais à y réfléchir ce n’est pas complètement dénué de sens. Tout dépend de l’intention du photographe et du regard qu’il porte (ou croit porter) sur l’autre.

C’est pour cela que, pour moi, l’art du portrait est si difficile ; quelque soit le style du photographe, la plus belle composition, la plus belle lumière, le plus beau décor ne resteront que des artifices ou des prouesses techniques si la personne photographiée n’est pas dans sa certitude, dans son ‘me voici dans mon moi assurée d’être ce que je suis en cet instantané’.
Si ton ami est borgne regarde le de profil… mieux encore si ton ami est borgne regarde le bien en face car si tu acceptes son ‘imperfection’ elle disparaîtra et ce qui était vu comme un défaut devient une singularité.

© J-L de Sauverzac

 

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